Ann. 176 f .Juillet.
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Voyage
la plus petite. Nous vînmes attaquer le côté orientalde ces Ifles ; 'a midi , nous rangeâmes la pointe méri-dionale de Tinian , entre cette Ifie & Aiguigan , &nous vînmes jetter l’ancre à fa pointe S. O. par 16braffes d’eau , fond de gros fable & de corail, enface d’une baie de fable blanc, environ à cinq-quartsde mille du rivage & à près de trois-quarts de milled’une chaîne de rochers qui fe trouve à une certainediftance de la côte , dans l’endroit même où le LordAnfon avoit mouillé avec le Centurion. L’eau y étoittellement tranfparente, qu’on en appercevoit diftinffe-ment le fond à la profondeur de 24 braffes , c’eft-à-dire de 140 pieds.
Aussi -tôt que notre vaiffeau fut amarré, je def-cendis à terre pour marquer l’endroit où il conviendroitde dreffer les tentes pour les malades , qui étoient engrand nombre. Nous n’avions pas un feul matelot quin’eût reffenti les atteintes du fcorbut, & plusieurs enétoient à la dernière extrémité. Nous trouvâmes plu-fieurs cabanes que les Efpagnols & les Indiens avoientquittées l’année précédente \ car aucun d’eux n’y étoitencore venu de cette année , 6c il n’étoit pas probablequ’ils y arrivaffent de quelques mois ; on y avoit lefoleil prefqu’au zénith , & la faifon des pluies étoitcommencée.
Après avoir marqué la place où l’on devoit dref-fer les tentes , j’entrepris avec fix ou fept de mes Of-ficiers , de pénétrer dans les bois pour découvrir cespoints de vue charmans, ces perfpeélives enchanteref-fes, ces prairies dont la verdure 11’eft interrompue que