du Capitaine Byron. 149
du vaiffeau par-deffus bord, avec fa vefte & fes lon-gues culottes , & regagna fa pirogue. Il ne fut pasplutôt de retour, que plufieurs autres a fon imitationnagèrent vers le vaiffeau , montèrent jufqu’aux fabords,par où s’étant infinués, ils fe faifirent de tout ce quileur tomba fous la main , & fe replongeant incontinentdans la mer, nagèrent à une très-grande diftance,quoique quelques-uns d’eux , ayant les mains pleines,les tînffent hors de l’eau, pour ne pas mouiller ce qu’ilsemportoient. •
Ces Infulaires font d’une taille très - avantageufe,bien pris & bien proportionnés dans tous leurs mem-bres. Leur teint eft de couleur bronzée , mais claire.Les traits de leur vifage n’ont rien de défagréable, &on y remarque un mélange d’intrépidité & d’enjoue-ment dont on eft frappé. Leurs cheveux, qu’ils laiflentcroître , font noirs. Les uns les portent noués derrièrela tête en une groffe touffe , d’autres en font troisnœuds. On en voit avec de longues barbes , d’autresn’ont que des mouftaches , & quelques-uns portent feu-lement un petit bouquet de barbe à la pointe du menton.Ils font entièrement nuds, à l’exception de leurs orne-mens qui confiftent en coquillages allez agréablementarrangés, dont ils font des colliers , des bracelets & desceintures. Tous avoient les oreilles percées, mais fansaucun ornement; nous jugeâmes cependant qu’ils y enportoient quelquefois de très-pefans ; car quelques-unsavoient des oreilles qui defcendoient jufques fur leursépaules ; plufieurs même les avoient entièrement décou-pées. Un de ces Indiens qui paroilfoit jouir de quel-
Ann. 176/.Juillet.