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Ann. i-6j.Juillet.
148 Voyage
fe hrifer avec violence , & un rivage marécageuxparoiffoient comme deftinés à en défendre l’accès ,& diminuoient le plaifir que nous caul'oit la perf~peélive délicieufe de cette Ifle. Nous vînmes atta-quer la côte du S. O. , qui court dans une étendued’environ quatre lieues. Dès que nous en fûmes àportée, nous ne tardâmes pas à nous apper.cevoir quela population y étoit très - nombreufe. Nous décou-vrîmes d’abord un millier d’Inlulaires aflemblés fur laplage ; & bientôt plus de foixante pirogues ou efpècede pros , mirent en mer , & ramèrent vers nos vaif-feaux. Nous nous difposâmes h les recevoir , & en unmoment ils fe rangèrent autour de nous. Leurs piro-gues , d’une conflruétion très-bien entendue , étoientfi nettes , fi propres , qu’elles paroiffoient être neuves.Chacune d’elles contenoit au moins trois perfonnes,& fix au plus.
Ces Indiens nous ayant confidéré pendant quelquesinftans, l’un d’eux fauta dans l’eau , nagea vers le vaif-feau, & y grimpa comme un chat. Dès qu’il fut montéfur le plat-bord , il s’y affit en faifant de violens éclatsde rire ; il parcourut enfuite tout le vailfeau , s’effor-çant de dérober tout ce qui fe trouvoit fous fa main ;mais ce fut fans fuccès , parce qu’étant nud , il luiétoit impoflible de rien cacher. Nos matelots lui mirentune vefte & des culottes ; ce qui nous divertit beau-coup , car il avoit tous les geftes & toutes les maniè-res d’un finge nouvellement dreflé. Nous lui donnâmesdu pain , qu’il mangea avec une forte de voracité ; ocaprès avoir fait nombre de tours grotefques, il s élança