146 Voyage
-.— la Tamar, mais nous ne l’apperçûmes qu’une heure
Ann. 176$. après.
Juin. r
Ir ne nous arriva rien de remarquable jufqu’au iq,qu'a dix heures du matin, nous apperçumes une autreIfle dans le S. S. O. diftantede fept à huit lieues. Nouscourûmes deflus. A mefure que nous en approchâmes,nous vîmes fes côtes s’abaifler jufqu’au niveau de lafurfacc de la mer ; la verdure & les cocotiers qui ycroiflent en abondance , en rendent l’afpect très-agréa-ble , & un grand lac en baigne l’intérieur ; en cela ellerefTemble à l’Ifle du Roi George: elle a près de trentemilles de circonférence. Ses bords font marécageux ,& la mer brife , d’une manière terrible fur tout lerivage. Nous en prolongeâmes les côtes ; & arrivésau vent de rifle , je fis mettre nos canors dehors pourreconnoître les fondes, & trouver un mouillage; &n’ayant point trouvé de fond , je les renvoyai avecordre de defeendre à terre , s’il étoit pofiible, afin denous procurer quelques rafraîchiffemens pour les ma-lades. Ils abordèrent avec beaucoup de peine, & rap-portèrent près de 200 noix de cocos, qui, dans notrefituation , nous parurent d’un prix ineftimable. Ceuxqui montoient les canots rapportèrent qu’ils n’avoientrien vu dans l’Ifle qui pût faire croire qu’elle eût jamaisété habitée. Ils y trouvèrent des milliers d’oifeaux demer.. Ils étoient fi peu ombrageux qu’ils fe laifloienttuer fur leurs nids , qu’ils conftruifent au haut desarbres , mais on n’apperçut aucun quadrupède. Je fusd’abord tenté de croire , que cette Ifle étoit la memeque celle qu’on défigne dans le Neptune François 3 fous