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1 (1774)
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139
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Capitaine Byron. 139

lage vers le bord de la mer. Il étoit fuivi dun jeunehomme. Sa taille étoit haute & il paroifîoit vigou-reux ; une barbe blanche , qui lui defcendoit jufqukla ceinture , lui donnoit un air vénérable. Il fembloicavoir lautorité dun Chef ou dun Roi. Les Indiens,à un ligne quil fit, fe retirèrent k une petite difiance,& il savança fur le bord du rivage. Dune main iltenoit un rameau verd , & de lautre , il prefioit fabarbe contre fon fein. Dans cette attitude , il fit unlong difcours ; fa prononciation cadencée pouvoit fairecroire quil chantoit; & cette efpèce de chant navoitrien de défagréable. Nous ne regrettions pas moinsde ne pas lentendre , que de nen pouvoir pas êtreentendus nous-mêmes. Cependant , pour lui donnerdes marques de bienveillance, nous lui jettâmes quel-ques préfens de peu de valeur, lorfquil parloit encore;mais il ny toucha point, & il ne voulut pas permettreaux fiens de les ramafier avant quil neût achevé fa ha-rangue. Alors il savança dans la mer, jetta k nos gensfon rameau verd , & prit enfuite les préfens quon luiavoit faits. Toutes les apparences nous faifant bienaugurer de ce peuple , nous leur fîmes figne de poferbas leurs armes, & la plupart dentreux les quittèrentfur le champ. Un de nos Officiers de poupe , encoura- par ce témoignage damitié, fauta du canot, nageak travers les lames jufquau rivage. Les Indiens len-tourèrent auffitôt , & commencèrent k examiner feshabits avec beaucoup de curiofité : ils parurent fur-toutadmirer fa vefle. LOfficier de poupe eut la générofitéde lôter & den faire un don a fes nouveaux amis ; mais

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Ann. 1765-,Juin.