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Capitaine Byron. 139
lage vers le bord de la mer. Il étoit fuivi d’un jeunehomme. Sa taille étoit haute & il paroifîoit vigou-reux ; une barbe blanche , qui lui defcendoit jufqu’kla ceinture , lui donnoit un air vénérable. Il fembloicavoir l’autorité d’un Chef ou d’un Roi. Les Indiens,à un ligne qu’il fit, fe retirèrent k une petite difiance,& il s’avança fur le bord du rivage. D’une main iltenoit un rameau verd , & de l’autre , il prefioit fabarbe contre fon fein. Dans cette attitude , il fit unlong difcours ; fa prononciation cadencée pouvoit fairecroire qu’il chantoit; & cette efpèce de chant n’avoitrien de défagréable. Nous ne regrettions pas moinsde ne pas l’entendre , que de n’en pouvoir pas êtreentendus nous-mêmes. Cependant , pour lui donnerdes marques de bienveillance, nous lui jettâmes quel-ques préfens de peu de valeur, lorfqu’il parloit encore;mais il n’y toucha point, & il ne voulut pas permettreaux fiens de les ramafier avant qu’il n’eût achevé fa ha-rangue. Alors il s’avança dans la mer, jetta k nos gensfon rameau verd , & prit enfuite les préfens qu’on luiavoit faits. Toutes les apparences nous faifant bienaugurer de ce peuple , nous leur fîmes figne de poferbas leurs armes, & la plupart d’entr’eux les quittèrentfur le champ. Un de nos Officiers de poupe , encoura-gé par ce témoignage d’amitié, fauta du canot, nageak travers les lames jufqu’au rivage. Les Indiens l’en-tourèrent auffitôt , & commencèrent k examiner feshabits avec beaucoup de curiofité : ils parurent fur-toutadmirer fa vefle. L’Officier de poupe eut la générofitéde l’ôter & d’en faire un don a fes nouveaux amis ; mais
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Ann. 1765-,Juin.