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Voyage
cette complaifance produifit un mauvais effet. II n’eut
AN Juin 765 ’ P as P lutôt donné fa vefte > q u ’ un Infulaire lui dé-noua fa cravate , la lui arracha & prit la fuite.Notre homme fentit qu’ils ne lui laifferoient rien furle corps ; il fe retira comme il put, & regagna foncanot à la nage. Cependant nous étions toujours enbonne intelligence avec eux. Plulieurs nagèrent jufqu’knos bateaux ; quelques-uns apportèrent des fruits &d’autres de l’eau douce dans des coquilles de cocos.Mais le principal objet de ceux qui montoient les ca-nots , étoit d’obtenir des perles de ces Infulaires ; &pour mieux le leur faire comprendre , ils leur mon-troient des écailles d’huitre perlière qu’ils avoient ra-ma ffé es fur la plage de l’Ifle où nous étions defcen-dus : tous leurs efforts furent infructueux ; jamais ilsne parvinrent k fe faire entendre. Nous aurions eupeut-être plus de fuccès , s’il nous avoit été poffiblede faire quelque féjour parmi eux ; mais malheureufe-ment la côte ne fournifloic aucun mouillage pour nosvaiffeaux.
L a paffïon des Indiens pour les grains de verre »ne permet pas de fuppofer qu’ils ne faflent aucun casdes perles des huitres qui fe trouvent fur leurs côtes;& il eft bien vraifemblable que fi nous euffions puavoir avec eux quelque commerce , ils n’auroient pasmanqué de nous donner de ces perles précieules enéchange de clous, de haches ou de quelques verrote-ries , auxquels ils attachent avec raifon un beaucoup plusgrand prix. Nous apperçûmes dans le lac deux ou trois