mBsmmm ——
Ann. i j 6 $.Juin.
138 Voyage
res, ils accoururent en foule fur le rivage; ils étaientarmés comme ceux des autres Ifles , & ils nous fui-virent pendant plufieurs lieues , tandis que nous pro-longions la côte. Comme la chaleur de ce climat efttrès-grande , ils paroifïoient fouffri.r d’une courfe filongue; car quelquefois ils fe plongeoient dans la mer,ou fe jettoient tout étendus dans le fable qu’arrofentles lames qui fe brifent fur le rivage ; & ils recommen-çoient enfuite k courir.
D a n s ce même tems, nos bâtimens à rames fon-doient le long de la côte comme k l’ordinaire ; maisj’avois expreflément défendu aux Officiers qui les com-mandoient, de ne faire aucune violence aux Indiens,k moins qu’ils n’y fuffient forcés pour leur propre dé-fenfe ; & d’employer tous les moyens imaginables pourgagner leur amitié & leur bienveillance. Nos genss’approchèrent du rivage d’auffi près que les lamespurent le leur permettre , & firent figne aux Titulai-res qu’ils avoient befoin d’eau. Les Indiens les com-prirent d’abord , & leur firent entendre de s’avancerplus loin le long du rivage. Nos canots continuèrentde prolonger la côte , jufqu’k ce qu’ils arrivèrent kla vue d’un village conftruit comme celui que nousavions vu dans la dernière Ifle. Les Infulaires les fui-virent en cet endroit, & furent joints par plufieursautres. Nos bateaux rangèrent le rivage d’auffi prèsqu’il fut poffible , & nous nous tinmes prêts a leurenvoyer des fecours, & k les foutenir de notre artil-lerie. Nous vîmes alors un vieillard defcendre du vil-