Ann. 176 f.Juin.
134 Voyage
jufqu’à fept heures du matin, que nous revînmes nousmettre en travers vis-à-vis 1 Iflot. Nos bateaux parti-rent auffitôt pour nous procurer des rafraîchilfements,& je fis mettre dans les bateaux tous ceux qui, atta-qués du fcorbut , n’étoient cependant pas allez mala-des pour garder leur hamac. Je defcendis aulli à terre,où je paffai la journée. Nous vîmes plufieurs maifons queles Infulaires avoient entièrement abandonnées : nousn’y trouvâmes que des chiens qui ne cefsèrent d’aboyertant que nous fûmes à terre. Leurs maifons ou plutôtleurs cabanes étoient d’une très - mince apparence ,couvertes de branches de cocotier ; mais la fituationen étoit on ne peut pas plus agréable. O11 y refpiroitun air frais & délicieux , à l’ombre d’un beau boisplanté de grands arbres d’efpèces différentes , & dontquelques-unes nous étoient inconnues. Les coco-tiers leur fourniffent prefque tous les befoins de la vie;leur nourriture, leurs voiles, leurs cordages, les boisde charpente & de conttru&ion : il eft bien probableque ces peuples fixent toujours leur habitation dansles lieux où ces arbres croiffent en abondance. Nousobfervâmes que le rivage étoit couvert de corail , &de coquilles de groffes huitres perlières. Je ne doute-rois pas qu’on ne pût établir ici une pêcherie de perles,peut-être plus avantageufe qu’en aucun autre endroitdu monde. Nous ne vîmes les habitans que dans l’éloi-gnement. Les hommes étoient nuds; mais les femmesportoient une efpèce de tablier, qui les couvroic de laceinture au genoux.
Nos gens , en vilitant les cabanes des Indiens ,