D U
Capitaine Byron. 133
pas moins curieufes , & leurs cordages qui paroiffentêtre d’écorce de cocotiers , ont toute la force des nô- An *très. Quand ces pirogues font à la voile , plufieursperfonnes s’affeoient fur les pièces de bois qui les tien-nent unies.
L a mer qui brifoit le long du rivage avec une égaleforce, ne nous permettoit pas de nous procurer desrafraîchiffements dans cette partie de l’Ifle. Je ferraile vent & remontai l’Iflot, réfolu d’y tenter une fé-condé fois la defcente.
Nous regagnâmes, dans l’après-midi, le pofte quenous avions déjà eu ; & je renvoyai les canots pourprendre encore une fois les fondes autour de l’îflot,mais ils revinrent me confirmer que le mouillage yétoit impraticable. Pendant l’abfence de nos bateaux,j’obfervai un grand nombre d’Infulaires fur la pointevoifîne de l’endroit où nous les avions laillés le ma-tin ; ils paroiffoient empreffés a enlever plufieurs piro-gues qui étoient fur le bord de la mer : craignantqu’ils ne fuffent tentés de renouveller un combat, quine pouvoit que leur être funefle ; je leur fis tirer uncoup de canon , dont les balles paffant par-deffus leurstêtes produifirent l’effet que j’en attendais ; tous en unmoment difparurent.
Nos bateaux parvinrent encore à defcendre à terreavant le coucher du foleil ; ils ramafferent quelques noixde cocos; mais ils n’apperçurent pas un feul habitant.
Dans la nuit , de violentes raffales, accompagnéesd’une très-forte pluie , nous obligèrent de louvoyer