ï 2 2- Voyage
wre hh»»ii i m q U j y pj^ifoit avec force , & auffitot les Indiens échoué—
Ann. 1765. rent j eurs pirogues. Nos bateaux les fuivirenc , & lesJuin# Infulaires , craignant une invafion fur leur côte , fepréfentèrent armés de pierres & de bâtons pour em-pêcher la defeente ; cette réfiftance força nos gens àfaire feu fur eux, ôc ils en tuèrent deux ou trois. L’und’eux , qui avoit reçu trois balles à travers le corps ,eut encore le courage de lever une groffe pierre, &mourut en la lançant fur fes ennemis. Cet homme vinttomber tout près de nos bateaux ; les fauvages n’eu-rent pas la hardieffe de l’enlever , & emportant aveceux les autres morts , ils fe retirèrent fur l’Iflot oùétoient leurs compagnons. Nos bateaux revinrent avecles deux pirogues qu’ils avoient pourfuivies : l’uneavoit trente-deux pieds de longueur , l’autre un peumoins; mais toutes les deux étoient d’une conftru&iontrès - curieufe , qui leur avoit coûté des foins infinis;elles étoient faites de planches parfaitement bien tra-vaillées, & ornées de fculpture en plufieurs endroits :ces planches étoient proprement coufues enfemble , &fur chaque couture étoit une bande d’écaille de tortuearriftement attachée, pour empêcher l’eau de pénétrerdâns la pirogue, dont le fond étoit très-étroit, ce quiles obligeoit de les accoupler , en les afluiettifîàn-tl’une à côté de l’autre par des pièces de bois, de ma-nière cependant qu’elles laiffoient entr'elles un efpacede fix ou huit pieds. Un mât étoit placé dans le mi-lieu de chaque pirogue , &c la voile étoit tendue entreles deux mâts. La voile que j’ai confervée elt faire denattes ; elle eft auffi ingénieufement travaillée qu’aucunouvrage que j’aie jamais vu. Leurs pagayes n’étoient