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Ann. i7 <?j-.Juin.
ii 6 Voyage
lorfqu’ils voulurent s’en approcher les fauvages jettèrentdes cris effroyables , maniant leurs lances avec fureur,
& montrant avec des démonftrations de menaces, degroffes pierres qu’ils ramaffoient fur la rive ; nos gensne leur répondirent que par des lignes d’amitié &de bienveillance , leur jettèrent du pain ôc plufieursbagatelles propres h leur plaire, mais aucun d’eux nedaigna y toucher : ils retirèrent à la hâte quelquespirogues qui étoient fur le bord de la mer , & lesportèrent dans le bois ; ils s’avancèrent enfuite dansl’eau , & paroiffoient épier l’occafion de pouvoir faifirle canot pour le tirer fur le rivage; les nôtres qui fedoutoient de leur deffein, & qui craignoient d’en êtremaffacrés s’ils tomboient dans leurs mains, bruloiencd’impatience de les prévenir, en faifant feu fur eux ;mais l’Officier qui les commandoit ne devant pointcommettre d’hoftilités, les en empêcha. Ce n’eff pasque je ne me fuffe cru en droit d’obtenir par la forcedes rafraîchiffemens qui nous devenoient d’une nécef-fité indifpenfable pour nous conferver la vie, fi nouseuffions pu mettre à l’ancre, & que les fauvages fefuffent obftinés a nous en refufer ; mais rien n’auroit }
pu juftifier l’inhumanité de leur ôter la vie pour ven- '
ger des injures imaginaires ou même d’intention, fans ;
qu’il nous en revînt le plus léger avantage.
Ces Indiens, d’une couleur bronzée, font bien pro- ,
portionnés; ils parodient joindre à un air de vigueurune grande agilité : je ne fâche pas avoir jamais vud hommes fi légers à la courfe. Cette Ifle eft par les* 4 ^ 5' S , & 145 d q/ de longitude O.; nos ba-