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Capitaine Byron.
plus vivement le malheur d’en être privés. Il eft bienvrai que leur fituation n’étoit pas plus fâcheufe, que fila diftance feule & non une chaîne de rochers les eûtempêchés d’atteindre k ces biens fi défirables. Ces deuxgenres d’obrtacles étant également infurmontables, deshommes fournis k l’empire de la raifon n’auroient pasdû être plus affeêfés de l’un que de l’autre ; mais c’étoitune de ces fituations critiques, où la raifon ne peut ga-rantir les hommes de la force que l’imagination exerceperpétuellement pour agraver les calamités de la vie.
Informé de la profondeur des eaux, je ne pusm’empêcher de faire le tour de l’Ifie, quoique je fulfequ’il fût impoffible de fe procurer aucun des fruitsqu’elle produifoit. Tandis que nous en prolongionsles côtes , les naturels accoururent fur la plage , enpouffant des cris & en danfant; fouvent ils s’appro-choient du rivage, agitoient leur longues piques d’unair menaçant, fe jettoient enfuite k la renverfe, &demeuroient quelques inftans étendus fans mouvement& comme s’ils euffent été morts ; ce qui figaifioitfans doute qu’ils nous tueroient fi nous tentions la def-cente. Nous remarquâmes en côtoyant le rivage, queles Indiens avoient planté deux piques dans le fable 3au haut defquelles ils avoient attaché un morceau d’é-toffe qui flottoit au gré du vent , & devant lequelplufieurs d’entr’eux fe profternoient à chaque infiant,comme s’ils euffent invoqué le fecours de quelqu’êtreinvifible, pour les défendre contre nous. Durant cettenavigation autour de Pille, j’avois renvoyé nos bateauxpour fonder une fécondé fois le long du rivage ; mais