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1 (1774)
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124
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H4 Voyage

' fes lames qui battoient toute la cote , en défendoient

ANN.i 7 6 f . I acc £ s de toute part. Nous nous apperçûmes bientôtJUin que lIfle étoit habitée , plufieurs Indiens parurentfur la grève, armés de piques de feize pieds au moinsde longueur ; ils allumèrent plufieurs feux , que nousfuppofâmes être des fignaux, car linftant daprèsnous vîmes briller des feux fur lautre Ifle qui étoitau vent k nous , ce qui nous confirma quelle avoitauffi des habitans.

J'envoyai un canot armé, fous les ordres dunOfficier, pour chercher un mouillage; mais il revintavec la défagréable nouvelle quil avoit fait le tourde rifle fans avoir trouvé de fond k une encabluredu rivage qui étoit bordé dun rocher de corail très-efcarpé. Le fcorbut faifoit alors parmi nos équipagesle plus cruel ravage ; nous avions plufieurs matelots furles cadres; ces pauvres malheureux qui sétoient traî-nés fur les gaillards, regardoient cette terre fertile,dont la nature du lieu leur défendoit lentrée, avecdes yeux fe peignoit la douleur; ils voyoient descocotiers en abondance , chargés de fruit, dont lelait eft peut-être le plus puiflant antifcorbutique quily ait au monde : ils fuppofoient avec raifon quil de-voit y avoir des limons, des bananes & dautres fruitsquon trouve généralement entre les tropiques ; &pour comble de défagrément, ils voyoient les écaillesdes tortues éparfes fur le rivage. Tous ces rafraîchif-femens qui les auroient rendus k la vie , nétoient pasplus a leur portée que sils en euflent été fépares parla moitié du globe ; mais en les voyant, ils fentoient