du Capitaine Byron. 119
vaifleau loin du banc, & qu’on feroit dans la nécefiitéde les abandonner dans cette Ifle. A ce dernier mef-fage le canonnier fe mit à la nage & parvint au canot;mais le matelot, quoiqu’il eût un corfet de liege , ditqu’il fe noyeroit infailliblement , s’il tentoit d’y arri-ver ; & préférant une mort naturelle, il fe déterminaà refter dans Pille ; il fit des adieux fort tendres b fescamarades , & leur fouhaita toute forte de bonheur.Cependant un des Quartier-Maîtres , au moment oùle canot alfoit s’en retourner, prit avec lui le bout d’unecorde, fe jetta à travers les vagues , & nagea jufqu’aurivage, où le pauvre matelot déploroit fa deftinée. LeQuartier-Maître commença par lui remontrer les triftesconféquences d’une fi. étrange réfolution ; & tout enlui parlant il lui pafia adroitement autour du corps lebout de fa corde , à laquelle il avoit fait un nœudcoulant, & cria en même-tems à fes compagnons detirer la corde dont ils tenoient l’autre bout ; ce quifut exécuté , ôc le matelot fut ainfi ramené à traversles vagues jufqu’au canot ; mais il avoit avalé une figrande quantité d’eau , qu’en le retirant, il paroifioitêtre fans vie : on le fufpendit par les pieds , il repritbientôt fes fens, & le jour fuivant il fut,parfaitementrétabli. ' 1 ’
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D ans ce même jour , je nommai M. Mouat ,qui commandoit la Tamar , Capitaine du Dauphinfous mon commandement, & M, Cumming,mon pre-mier Lieutenant, le remplaça. M. Carteret, premierLieutenant de cette frégate pafia à mon bord à laplace de M. Cumming , & je donnai à M. Kendal,