Ann. 1765.Avril.-
118 Voyage
d’heures , pour nourrir l’équipage deux jours de fuite.Ces poiffons , de différente forte , étoient tous d’un très-bon goût, & quelques-uns pefoient de xo à 30 livres.
Ce foir, les lames étoient fi groffes, que le canon-nier & un matelot qui étoient à terre, avec ceux quiremplifloient nos pièces à l’eau , n’ofèrent s’expoferà regagner le canot , qui revint à bord , fans lesramener.
Le jour fuivant, 19, on découvrit, a un mille <Scdemi au Nord du vaifleau, & à une diftance prefqueégale des pointes Nord & Sud de l’Ifle , une placebeaucoup plus commode pour l’aiguade, en ce jquela lame n’y brifoit point avec la même force fur lerivage.
L A marée ici verfe douze heures au Nord, & reverfeenfuite douze heures au Sud ; ce qui nous écoit très-favorable , le vent fouflant de la partie du Sud avecune très-grofie mer, nos canots n’auroient jamais pu,fans l’aide de la marée, revenir a bord avec les piècesà l’eau. Nous parvînmes à faire dans ce jour dix ton-neaux d’eau a cette nouvelle aiguade ; & dans l’après-midi j’envoyai un canot pour reprendre le canonnier& le matelot qui avoient paffé la nuit à terre ; maisla lame étoit encore fi groffe que le matelot , qui nefavoit pas nager, craignit de s’expofer au danger, &le canonnier demeura avec lui.
Je leur envoyai un autre canot pour les informer qued’après les apparences du tems , il étoit h craindre qu iln’y eût dans la nuit quelque coup de vent qui chafsât le