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Capitaine Byron. 117
Aussi-tôt que nous fûmes à l’ancre , j’envoyailes canots à terre pour chercher une place propre à A ™' r I i [ 6rfaire de l’eau & du bois ; mais comme j’obfervai quela côte étoit remplie de rochers & que des lames bri-foient avec violence le long du rivage , j’ordonnai àtous ceux qui étoient dans les canots de prendre descorfets de îiege , dont nous nous étions pourvus à notredépart, pour s’en fervir en pareilles occafions. A l’aidede ces corfets , qui non-feulement donnent de l’aifanceau nageur , mais l’empêchent encore de fe brifer contreles rochers , la defcente fe fit avec facilité, & nousnous procurâmes une bonne provifion d’eau & de bois.
Il y avoit néanmoins une autre efpèce de danger contrelequel les corfets de liege ne pouvoient nous défen-dre , c’étoit des poiffons d’une énorme grofl'eur, connusfous le nom de Goulus de mer, très-communs fur cettecôte. Nos gens échappèrent heureufement à ces poif-fons dangereux ; mais ils furent plufieurs fois fur lepoint d’en être dévorés. Un de ces goulus, qui avoitplus de xo pieds de long, s’approcha d’un bateau, &fe faifit, à la vue des Matelots, d’un gros veau marinqu’il avala d’un feul trait. J’en ai moi-même vu unautre, d’une taille k peu-près femblable, dévorer ainfiun veau marin fous l’arrière de notre vaiffeau. Nosgens tuèrent quelques chèvres que nous trouvâmes d’ungoût auffi excellent que la meilleure venaifon d’Angle-terre. J’obfervai qu’une de ces chèvres avoit déjà étéprife & marquée : fon oreille droite étoit fendue d’unemanière qui annonçoit que cela n’étoit pas arrivé acci-dentellement. Le poiffon étoit fi abondant , qu’uncanot pouvoir avec fes lignes en prendre , en peu