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1 (1774)
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117
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Capitaine Byron. 117

Aussi-tôt que nous fûmes à lancre , jenvoyailes canots à terre pour chercher une place propre à A' r I i [ 6rfaire de leau & du bois ; mais comme jobfervai quela côte étoit remplie de rochers & que des lames bri-foient avec violence le long du rivage , jordonnai àtous ceux qui étoient dans les canots de prendre descorfets de îiege , dont nous nous étions pourvus à notredépart, pour sen fervir en pareilles occafions. A laidede ces corfets , qui non-feulement donnent de laifanceau nageur , mais lempêchent encore de fe brifer contreles rochers , la defcente fe fit avec facilité, & nousnous procurâmes une bonne provifion deau & de bois.

Il y avoit néanmoins une autre efpèce de danger contrelequel les corfets de liege ne pouvoient nous défen-dre , cétoit des poiffons dune énorme grofl'eur, connusfous le nom de Goulus de mer, très-communs fur cettecôte. Nos gens échappèrent heureufement à ces poif-fons dangereux ; mais ils furent plufieurs fois fur lepoint den être dévorés. Un de ces goulus, qui avoitplus de xo pieds de long, sapprocha dun bateau, &fe faifit, à la vue des Matelots, dun gros veau marinquil avala dun feul trait. Jen ai moi-même vu unautre, dune taille k peu-près femblable, dévorer ainfiun veau marin fous larrière de notre vaiffeau. Nosgens tuèrent quelques chèvres que nous trouvâmes dungoût auffi excellent que la meilleure venaifon dAngle-terre. Jobfervai quune de ces chèvres avoit déjà étéprife & marquée : fon oreille droite étoit fendue dunemanière qui annonçoit que cela nétoit pas arrivé acci-dentellement. Le poiffon étoit fi abondant , quuncanot pouvoir avec fes lignes en prendre , en peu