du Capitaine Byron. 89
n’ayant avec moi que quelques-uns de mes Officiers,
pour ne pas les allarmer par le nombre : ils nous Ann - 17 ^'
reçurent avec toutes les expreffions de l’amitié , ôc
s’emprefferent de nous apporter quelques fruits qu’ils
avoient cueillis dans la vue de nous les offrir ; ces
fruits avec quelques moules , nous parurent faire
pour le moins la plus grande partie de leur fubfif-
tance.
Le x , à cinq heures du matin, nous appareillâmes6 c fîmes route avec le fecours de la marée montante;miais à dix heures, furpris par le calme , & le cou-rant nous portant à l’Eft, nous mouillâmes une ancreà jet, par 10 braffes d’eau, fur un banc qui tft àun demi-mille du rivage feptentrional : après avoirfilé environ les deux tiers d’un cable, nous eûmes4^ braffes d'eau le long du bord, & le fond augmentaencore à très-peu de diftance : la pointe méridionaledu canal Saint-Jérôme nous reffoit au N. N. E.,diftante de deux milles ; & le Cap Quad à O. S. O.,à environ huit milles de diftance. De la pointe méri-dionale du canal Saint-Jérôme au Cap Quad, j’eftimetrois lieues de diftance, dans la direélion du S. O fO. ; dans cet endroit du canal les marées font extrê-mement fortes, mais irrégulières. Nous obfervâmesqu’elles portoient à l’Eft depuis neuf heures du matinjufqu’à cinq du lendemain , & enfuite vers l’Oueftdepuis cinq jufqu’à neuf heures : à minuit les ventsayant paffé à O. N. O, commencèrent à fraîchir, &à deux heures du matin, le vaiffeau chaft’a ; nous noushâtâmes de lever l’ancre, dont les deux pattes fe trou-Torne /„ M