Ann. 176 f .Mars.
88 Voyage
rent autour pendant quelque tems ; mais il n’y eut qu’unefeule de ces pirogues dont les Sauvages eurent la réfo-lution de monter à bord. Les pirogues étoient d’écorced’arbre, d'une conflruffion très - mal entendue. LesAméricains étoient au nombre de fept, quatre hommes,deux femmes & un enfant. Je n’avois pas encore vude créatures fi miférables , ils étoient nuds, à l’excep-tion d’une peau très-puante de loup de mer, jettée furleurs épaules ; ils étoient armés d’arcs & de flèchesqu’ils me préfenterent pour quelques grains dé collier& d’autres bagatelles ; les flèches, longues de deuxpieds, étoient faites de rofeaux, & armées d’une pierreverdâtre ; les arcs , dont la corde étoit de boyau ,avoient trois pieds de longueur.
Le foir nous vînmes mouiller dans le voifinage de lariviere Batchdor , fur 14 braffes; l’entrée de la rivierenous reftoit au N. \ N. E., à un mille, & la pointela plus feptentrionale du canal Saint-Jérôme , O. N.O., diftante de trois milles. On trouve à près de ~ demille à l’Ett de la riviere une bature, où il n’y a pasplus de flx pieds d’eau à mer baffe ; cette bature efl:à un demi-mille du rivage, & on peut la reconnoîtreaux goémons dont elle efl: couverte. Le flot com-mence ici à une heure dans la nouvelle & pleinelune.
Tandis que nous étions à l’ancre, nous eûmes lavifite de plufleurs Américains ; je leur fis à tous des pré-fens de grains de raffade, de rubans & d’autres chofesde peu de valeur, mais dont ils parurent enchantes. Jeleur rendis cette vifite à terre , où je vins defeendre,
n’ayant