yo Voyage
de Sehald de Wert. Cette partie du manufcrit eft con-Ann. 176^. ç ue en ces t erm es : jj Janvier 1683. Dans ce mois nousJanvier. ^ parvînmes à la latitude de 47 d 40', & nous apper-M eûmes une Me qui nous reftoit à FO. ; ayant le vent» à l’E. N. E. , nous portâmes defiîis ; mais, comme33 il étoit trop tard pour nous approcher du rivage ,73 nous pafsâmes la nuit en panne. L’Ifle fe montroit33 fous un afpeét agréable, on y appercevoit des bois;33 je pourrois même dire que toute l’Ifle étoit couverte33 de bois. A l’Eft de Fille eft un rocher qui s’élève33 au-deflus de l’eau : fur ce rocher étoient des com-33 pagnies innombrables d’oifeaux de la grolîeur de33 petites oies. Nos gens tirèrent fur ces oifeaux au33 moment où ils pafsèrent au-deftùs du vaifleau ; nous57 en tuâmes plufieurs qu’on fervit fur ma table : c’é-v toit un aflez bon mêt, auquel feulement nous trou-jj vâmes un goût de poifton. Je fis voile au Sud, en» prolongeant Fille, & je crus appercevoir fur la côtew du S. O. un port commode pour le mouillage. J’au->7 rois fouhaité pouvoir mettre un canot pour recon-37 noître ce port, mais le vent foulîloit avec une telle37 violence , que c’eût été s’expofer à un danger évi-37 dent : continuant de faire voile le long de la côte , la37 fonde h la main, nous eûmes z 6 & os] braflès d’eau,37 jufqu’à ce que nous arrivâmes à un endroit où nous37 vîmes flotter de ces mauvaifes herbes que l’eau dé-37 tache des rochers , & la fonde alors ne rapporta37 que 7 brafîes. Nous craignîmes le danger de tou-37 cher fi nous reliions plus longtems dans un lieu où il37 y avoit fi peu d’eau ôc un fond de roche ; mais le37 port me parut d’une vafte étendue , & capable de