*5
66 Voyage
diablement du détroit de Magellan. Entr’autres rafraî-Ann.i 7 6j. chiffements efficaces contre le fcorbut, on a ici enJ armer, a | )ondance j e céleri & l’ofeille fauvages ; & on y trouvedes coquillages de toute efpèce. Les loups marins &les pingoins y font fi nombreux , qu’on ne fauroicmarcher fans les voir fuir par troupe : on rencontreencore le long des côtes beaucoup de lions marins ,dont plufieurs font d’une taille énorme ; cet animalnous parut très-formidable. Je fus une fois attaquéinopinément par un de ces lions marins , & j’eus biende la peine à pouvoir m’en dégager ; nous leur don-nâmes fouvent la chafîe , &c un feul de ces terriblesanimaux fe défendoit quelquefois plus d’une heurecontre douze chaffeurs avant qu’ils vinfTent à bout dele tuer : j’avois avec moi un excellent chien très-vigou-reux, mais une morfure d’un de ce s lions le mit pref-que en pièces ; ce ne font pas les feuls animaux redou-tables fur ces côtes. Le Maître , que j’avois un jourenvoyé pour fonder le long de la côte méridionale,me dit à fon retour que quatre animaux affez reffem-blans â des loups , & de la plus grande férocité, s’é-toient avancés dans l’eau pour attaquer les gens ducanot, & qu’étant fans armes à feu, ils avoient étéobligés de gagner le large. J’allai moi-même le jourfuivant defcendre fur la rive méridionale, où nous ap-percûmes en y arrivant un lion de mer d’une groffeurfur prenante. Etant bien armés, nous ne balançâmes pasà l’attaquer ; durant le combat, un de ces animaux qu'onavoit vus la veille accourut fur nous ; mais il tombamort au premier coup de feu qu’il reçut ; ce dont je