du Capitaine Byron. 47
nuancé des plus brillantes couleurs. Nous fîmes prèsde douze milles fur les bords de cette belle contréecoupée par plufieurs ruifl'eaux, dont l’eau étoit douce& tranfparente ; mais nous ne découvrîmes point labaie qui faifoit l’objet de nos recherches ; car danstoute notre promenade depuis la pointe Sandy , nousne vîmes aucun endroit du rivage où un canot pûtaborder, fans courir le plus grand hafard ; l’eau y étoitpar-tout très-balTe, & la mer y brifoit avec force.Nous trouvâmes un grand nombre de cabanes qui pa-roiffoient récemment abandonnées , car en quelques-unes, les feux qu’avoient allumés les fauvages, étoientà peine éteints ; elles étoient toutes dans le voifinagede quelques ruilfeaux ou de quelques fources. En plu-fieurs endroits , on voit croître du céleri fauvage enabondance & une variété de plantes , qui probable-ment fèroient d’un grand fecours à des Marins aprèsun long voyage. Dans la foirée , nous revînmes furnos pas jufqu’â la pointe Sandy , où nous trouvâmesnos vaiffeaux à l’ancre dans la baie , & à la diflanced’environ un demi-mille du rivage. L’air vif qu’on yrefpire , donnoit à nos gens un fi violent appétit, qu’ilsauroient mangé trois fois leur ration en un jour. Jefus fort aife d’en trouver quelques-uns occupés à jetterla feine , &c d’autres fur le rivage avec leurs fufils. Amon arrivée, j’eus le plaifir de voir prendre dans lafeine foixante gros furmulets ; & les chaîfeurs firentune excellente chalTe ; cet endroit abonde en oies ,farcelles , becafïïnes &c beaucoup d’autres oifeaux d’untrès-bon goût.