du Capitaine Byron. 35-
roche qui s’avance dans la mer a une diftance aflezconfidérable, 6c condnuoient de faire flotter leur pa-villon , 6c de nous inviter , par des geftes 6c par descris, à nous rendre auprès deux ; mais la defcenten’étoit pas aifée, parce qu’il y avoit peu d’eau 6c detrès - grofles pierres. Je n’apperçus entre leurs mainsaucune efpèce d’armes; cependant je leur fis figne defe retirer en arrière , ce qu’ils firent fur le champ : ilsne cefî'oient pas de nous appeller à grand cris ; &c bien-tôt nous prîmes terre , mais non , fans difficulté , laplupart de nos gens eurent de l’eau jufqu’à la ceinture.Defcendus à terre, je fis ranger ma troupe fur le borddu rivage , 6c j’ordonnai aux Officiers de garder leurpofte jufqu’à ce que je les appellafle , ou que je leurfiffe figne de marcher.
Après avoir fait cette difpofition, j’allai feul versles Indiens ; mais les voyant fe retirer à mefure quej’approchois, je leur fis figne que l’un d’eux dévoies’avancer. Ce figne fut entendu , & auflitôt un Pa-tagon , que nous primes pour un des chefs, fe déta-cha pour venir à ma rencontre. Il étoit d’une taillegigantefque, 6c fembloit réalifer les contes des monf-tres à forme humaine. La peau d’un animal fau-vage , d’une forme approchante des manteaux desmontagnards Ecoflàis , lui couvroit les épaules : ilavoit le corps peint de la maniéré du monde la plushideufe ; l’un de fes yeux étoit entouré d’un cerclenoir, l’autre d’un cercle blanc : le refte du vifage étoitbifarrement fillonné par des lignes de diverfes couleurs.
Eij
miUMnnt'ni
Ann. 1764.Décemb.