jZ V O Y A G E
pour ces fortes de voyages, a chaque inftant je m’at-Ann. 1764. t endois à le voir fubmerger : notre plus grande furetéDecemb. £ ^ ne p as lutter contre la tempête & de nousabandonner à la violence des flots à fec de voiles ;mais notre provifion d’eau étoit trop peu confldéra-ble ; & nous devions craindre d’être emportés fl loindu Continent , qu’elle feroit entièrement confomméeavant de pouvoir nous en approcher. Nous prîmesdonc le parti de capeyer fous la voile d’artimon.Nous reçûmes de terribles coups de mer , qui nousauroient bien plus incommodés , fans le fecours denos cloifons.
Cette furieufe tempête dura toute la nuit; maisfur les huit heures du matin du 1 6 , le vent calma, &la mer tombant infenfiblement , à dix heures nousremîmes le cap en route fous nos baffes voiles , &nous continuâmes de gouverner fur le Continent juf-qu’au tR, que nniK découvrîmes la terre , de la grandehune. Nous étions alors par les ■)i d 8' de latitudeS. , & 71 d 4 ' de longitude O. ; & le Cap des Vierges,qui forme au Nord l’entrée du détroit de Magellan,nous reftoit au Sud 19 d ^o' O., à la diftance de dix’neuf lieues. Dans ce même jour , le vent ayant prefqueentièrement calmé, il ne nous fut pas poflible de gagnerterre; mais le lendemain matin, 19, il devint prefqueNord, & nous portâmes fur une large baie, au fondde laquelle parut être un Port ;-mais je le trouvai fer-mé , la mer brifoit d’un bout à l’autre fur un récifqu’on découvroit à mer bafle. On trouve très-peu d’eauà une certaine diftance de ce récif, & j’étois fur fix
braffes