du Capitaine Byron. 31
au N. O., & la mer très-agitée. Le foir, étant par lalatitude de 46 d <50' S., je virai de bord vent arrière,& je repris ma route à l’Oueft ; nos vaiffeaux s’éloi-gnant chaque jour l’un de l’autre , autant qu’il étoitpollible fans nous perdre de vue. Perfuadé enfin quel’Ifle , mentionnée par Cowley & décrite par Halleyfous le nom d’Ifle Pepys , n’exiftoit pas , je me dé-terminai , le 11 à midi , à me rapprocher du Con-tinent & à relâcher dans le premier Port commodepour y faire de l’eau & du bois dont nous avions ungrand befoin ; la faifon étant déjà très-avancée , il nenous reftoit plus de tems à perdre. Depuis ce momentnous continuâmes à porter vers le Continent, cher-chant à découvrir les Sebaldes , qui , d’après toutesles Cartes que nous avions à bord , ne dévoient pasêtre éloignées de la route que nous tenions. Chaquejour des compagnies d’oifeaux voltigeoient autour denotre vaifTeau , que fuivoient continuellement de gran-des baleines. Le tcms ctoit généralpmpnt- beau , maisfroid ; & nous fûmes forcés de convenir , malgré lesefpérances que nous avions conçues , que l’été de cesclimats ne différoit de l’hiver en Angleterre que parla longueur des jours.
Le 13 , étant par la latitude de 50 d 33 ' S. , & parla longitude de 66 d ^9 ' O., vers les fix heures du foirles vents fautèrent tout d’un coup au S. O., & foufflè-rent avec furie : la mer devint affreufe : les lames étoientfi hautes & fi terribles, que je n’avois rien vu de pareilen doublant le Cap de Horn avec le Lord Anfon :notre vaifTeau étoit trop élevé dans fes œuvres mortes