i 6 Voyage
u» appercevoic un certain nombre d’ifles , dont quel-Ann. 1764. q Ues _ unes étoient confidérables ; je ne doute pasNovemb. s’avance dans les terres à une centaine de mil-
les. Ce fut lur une de ces Ifles que je defcendis. J’ytrouvai un fi grand nombre d’oifeaux, qu’au momentoù ils s’envolèrent , le Ciel en fut obfcurci ; & il eftcertain que nous ne pouvions faire un pas fans marcherfur leurs œufs. Dans l’inftant qu’ils s’élevoient au-def-fus de nous , nous en tuâmes plufieurs à coups depierre & de bâton. Je quittai enfuite l’ifle & j’abordaile Continent où nos gens firent cuire les œufs dont ilss’étoient chargés, & les mangèrent, quoique dans laplupart de ces œufs il y eût des oifeaux. Nous ne vîmesaucune trace d’homme fur l’une & l’autre rive du canal,ni aucun veftige qui pût faire croire que ces côtes euf-fent d’autres Habitans que de nombreufes compagniesd’oifeaux , des troupeaux de guanaques , & quelquesbêtes féroces. Les guanaques qui marchent d’ordinairepar troupe de Ao nu 70 , ne fe laiffoient jamais appro-cher ; fouvent ils s’arrêtoient pour nous regarder duhaut des collines. Dans cette tournée , notre Chirur-gien tira un chat-tigre: cet animal eft petit, mais fier& intrépide : quoique mortellement bleffé , il réfiftaencore long-tems aux rudes attaques de mon chien.
Le , nous achevâmes de lefter le vaiffeau ; ouvrageque les vents frais qui régnèrent conftamment, & larapidité du flot nous rendirent très-pénible : nous prîmesaufliàbord une autre tonne d’eau. Dans la matinée du 30,le mauvais tems ne permettant pas d’envoyer un canotà terre , j’employai les gens de l’équipage à préparer