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Ann. 1764.Septemb.
16 Octobre.
Voyage
L’équipage du Dauphin , à qui on avoit donnétous les jours de la viande fraîche & des herbages ,jouiffoit d’une parfaite fanté ; mais plufieurs Matelotss’étant trouvés malades à bord de la frégate , à notrearrivée , j’ordonnai qu’ils fu fient mis à terre , logés &traités convenablement. Tous recouvrèrent prompte-ment la fanté. Les coutures de nos deux vaiffeaux étantouvertes en plufieurs endroits , j’engageai un certainnombre de calfats Portugais; & en très-peu de jours,les vaiffeaux furent recalfatés.
T andis que nous étions à Rio- Janeiro, le Kent,vaiffeau de nocre Compagnie des Indes , qui avoit àbord le Lord Clive, vint relâcher dans cette rade. Cebâtiment , dont le départ d’Angleterre avoit précédéle nôtre de près d’un mois, & qui n'avoit touché nullepart, n’arriva néanmoins qu’un mois après nous ; deforte qu’il mit environ foixante jours plus que nous àfaire cette route , malgré le tems que nous perdîmesà attendre la Tamar , fur laquelle le Dauphin , fansêtre un excellent voilier, avoit un tel avantage de mar-che , que nous employâmes rarement plus de la moitiéde nos voiles. Plufieurs Matelots de l’équipage du Kentétoient déjà attaqués du feorbut.
Les chaleurs infupportables que nous éprouvionsà Rio - Janeiro nous rendoient impatiens de remettreen mer. Le 16 Oètobre , nous levâmes l’ancre ; maisnous reliâmes quatre ou cinq jours au-deffus de labarre , à attendre un vent de terre qui favorisât notrefortie ; il n’y a pas moyen de tenter ce paffage avecun vent de mer. L’entrée entre les deux Forts eft fi