4 Voyage
hauteur de l’ifle de Mai, & lé 30 , nous jettâmes l’ancreAnn. 1764. dans la baie de Praia a l’ifle de Saint- Jago. On étoit
Jiuliet. ^j a ( j ans j a faifon pluvieufe qui rend ce mouillagetrès - dangereux : les vents foufflant alors de la partiedu Sud , foulèvent la mer en d’énormes lames, qui febrifant avec furie fur le rivage , femblent annoncer àchaque inftant des tempêtes , dont les fuites feroientfuneftes aux vaifleaux qui y feroient à l’ancre. La crainted’échouer éloigne de cette côte tous les navires danscette terrible laifon qui dure depuis le commencementd’Août jufqu’en Novembre. Nous y fîmes notre eauavec toute la diligence poflîble. Nous y achetâmestrois jeunes bœufs , pour donner de la viande fraîcheaux équipages , mais h peine furent - ils tués que lagrande chaleur les corrompit.
a Août. Le 2 d’Août, nous remîmes à la voile, ayant avecnous une ample provifion de volailles, de chèvres mai-gres , & de Anges que nos gens avoient achetés pourde vieilles chemifes & de vieux habits. Les chaleursaccablantes & les pluies continuelles rendoient l’air flmalfain , que la plupart de nos gens tombèrent maladesde la fièvre , malgré mon extrême attention à les obli-ger de changer de linge, avant de s’endormir, lorf-qu’ils étoient mouillés.
Le 8 , la Tamar fit fignal d’incommodité ; nousdiminuâmes de voile pour l’attendre : cette frégate avolteu fa vergue de hunier emportée, fans avoir éprouvéaucun autre dommage. Nous reliâmes les voiles car-guées , pour lui faciliter l’opération d’enverguer uneautre voile de hunier ; ce qui , joint au vent qui étoit