GÉNÉRALE. xxx j
que de fatisfaire des befoins artificiels 5 ou d’ac-quérir de nouvelles connoifiances > il n’y en aurapas non plus à employer la force pour defcendrefur un pays nouvellement découvert 3 dans la vued’en examiner les productions ; fi ce principe n’é-toit pas reçu , toute profefiion où les hommesexpofent leur vie pour des avantages de mêmegenre ne devroit pas être permife , ÔC quelleeft la profefiion qui ne compromette pas la viedes hommes ? Examinons cette multitude depeuple occupée aux arts , depuis le forgeroncouvert de fueur devant un fourneau fans cefieembrâfé, jufqu a l’ouvrier fédentaire qui pâlitfur un métier, on verra par-tout la vie deshommes facrifiée en partie aux befoins fac-tices de la fociété. Dira-t-on que la fociétécivile , à qui on fait ce facrifice, eft par-lâ mêmeune combinaifon contraire aux grands principesde la morale , qui font la bafe de toute efpècede devoir ? Dira-t-on qu’il eft contre la natured’exercer les facultés qui font les marques de dif-tinftion de notre nature même ? Que l’hommeétant doué de pouvoirs divers que la fociété civilepeut feule mettre en aétion, cette fociété civileeft contraire à la volonté du Créateur ; ÔC qu’illui feroit plus agréable que nous ne fufiions pas