XXX
INTRODUCTION
vrir des pays inconnus, ii vaut mieux renoncerà ces découvertes ; je répondrai que d’après lesfeuls principes fur lefquels cette opinion peut êtrefondée, il ne pourroit être permis en aucun cas
des avantagesde même efpèce que ceux qu’on fe propofe endécouvrant des terres nouvelles,. S’il n’eft paspermis de s’expofer à tuer un Indien pour venira bout d’examiner le pays qu’il habite , dans lavue d’étendre le commerce ou les connoilfanceshumaines, il ne le fera pas davantage d’expoferla vie de fes concitoyens pour étendre fon com-merce avec des peuples déjà connus. Si l’on ajouteque le danger auquel ceux-ci fe foumettent eftvolontaire 3 au-lieu que l’Indien fe trouve malgrélui expofé au rifque de perdre la vie, la confé-quence fera encore la même ; car il eft univerfelle-ment convenu , d’après les principes du Chriftia-nifme , que nous n’avons pas plus de droit furnotre propre vie que fur la vie des autres èc lefuicide étant regardé comme une efpèce de meur-tre très - criminel , tout homme fera coupabled’expofer fa propre vie pour un motif qui ne luipermettroit pas d’attenter à celle d’un autre. Sil’on peut donc, fans crime , facrifier la vie deshommes dans des entreprifes qui n’ont pour but
d’expofer la vie des hommes pour