ÉCOLE DE FERRARE. 387
Une coïncidence toute fortuite a pu faire illu-sion à des esprits superficiels : c’est que le pre-mier marquis de Ferrare, Azzolino d’Este, inau-gura son avènement au commencement du grandsiècle qui vit poindre le réveil de la littératureet des arts (i); et quand, à la fin du xvi e siècle,la mort d’Alfonse II et l’extinction de la branchelégitime amenèrent le démembrement du duchéde Ferrare, le génie expirant de l’Italie en étaità ses derniers enfantements : de sorte que, parun privdége unique dans les annales des dynas-ties Italiennes, la maison d’Este avait apparu avecles premiers rayons de l’aurore nouvelle, avaitfleuri ou avait eu l’air de fleurir quand l’astreétait à son méridien, et s’était cachée en mêmetemps que lui sous l’horizon. Mais cette corré-lation de destinées perd tout son prestige, dèsqu’on parcourt, même dans les ouvrages desécrivains officiels, la série des princes qui ontpesé sur cette malheureuse population. Quant aupatronage exercé par eux au prétendu profit desarts et des lettres, ce n’est le plus souvent qu’unepetite auréole sans consistance qui a pu servir àcacher des taches de sang et des difformités mo-rales encore plus odieuses.
(1) Alors parurent saint François, saint Dominique, etc., lesgrands saints avant les grands poêles et les grands artistes.