KCOLE DE CRÉMONE. 383
naise, après s’ètre éloignée de plus en plus de sonprincipe vital, partagea la triste destinée de pres-que toutes les écoles Italiennes, dans la dernièremoitié du xvi e siècle. Les principaux produits dece qu’on pouvait appeler sa période de décrépi-tude, se trouvent répartis entre les villes de Cré-mone, de Parme, de Plaisance et de Milan, oùaucun d’eux n’avait échappé aux partiales recher-ches de Vasari. C’est surtout dans son apprécia-tion des peintures Crémonaises que cette partialitéest à la fois révoltante et désolante; car, au lieude mettre à profit, dans l’intérêt de l’histoire del’art, les traditions locales qu’il était à même derecueillir sur les peintres fondateurs de cette in-téressante école, il a mieux aimé acquitter, auxdépens de ses lecteurs, sa dette de reconnaissanceenvers des artistes vivants, qui avaient spéculéinfailliblement sur sa vanité. C’est à cette spécu-lation que nous devons le pompeux éloge qu’il afait deSofonisba Anguisciola et de ses deux sœurs.C’est peut-être la plus flagrante adulation dontVasari se soit rendu coupable, mais ce n’est pasla plus honteuse; et l’on peut supposer que sonimagination n’était pas encore inaccessible à ungenre d’illusion très-fréquente, qui fait qu’enpareil cas on pa'rdonne volontiers les imperfec-tions de l’œuvre d’art en faveur du sexe et de labeauté de l’artiste.