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l’art chrétien.
le voir par la comparaison des deux fresquesextravagantes qu’ils exécutèrent à droite et à gau-che de la grande porte du Dôme.
Pour rendre compte de toutes les productionsde ces pinceaux dégénérés, il faudrait mesurer lessurfaces, plutôt que compter les œuvres; car, auxfrères Campi, à Soïaro et à Camille Boccaccini, illie coûtait pas plus de peindre toute une coupole,ou même toute une église, qu’il n’avait coûté àleurs devanciers d’achever un seul tableau. Lemérite de quantité étant désormais le mieux rétri-bué, il en était résulté une fureur d’émulationtout à fait comique et d’autant plus incurable queles encouragements venaient de plus haut. Parmiles coryphées de la décadence, figuraient des car-dinaux et des évêques qui regardaient avec pitiéles naïfs produits du siècle précédent, et quiavaient plus à cœur la réforme de l’art que cellede la discipline ou des mœurs. Crémone, à cetégard, fut aussi mal partagée qu’aucune autre villeLombarde; car, en i5a2, on lui envoya pour pre-mier pasteur, le fameux Accolti, ami, correspon-dant, et même rémunérateur de l’infâme Arétin ;et. après lui, un certain cardinal Sfoodrati, recom-'mandé d’avance à la vénération de ses ouaillespar un joli poème qu’il avait composé sur l’enlè-vement de la belle Hélène. Tels étaient les pa-trons, sous les auspices desquels l’école Crémo-