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I, ART CHRETIEN.
reliefs, les traits d’héroïsme les plus dignes d’êtreconservés dans la mémoire des habitants. Mais lesiècle qui allait finir avait vu tant de ruines, par-ticulièrement en Lombardie, le vandalisme deshommes avait tellement accéléré les ravages dutemps que le mot éternité ne paraissait plusqu’une chimère quand on l’appliquait à une œu-vre plastique monumentale, de quelque espèceou matière qu’elle pût être. Ce furent ces lugubresconsidérations qui changèrent la vocation de l’ar-tiste, lequel déclare lui-même, dans sa préface,qu’après avoir vu, par une infinité d’exemples,quV/ n'y a de privilège ni pour édifices, ni pourstatues , ni pour ouvrages d'enclume et de mar-teau , il a fini par chercher dans sa plume, quelquepeu exercée qu’elle fût, une garantie de durée quene lui offrait pas son pinceau ni même son ciseaude sculpteur.
Quiconque aura comparé les peintures d’Anto-nio Campi avec la composition historique qui futle fruit de son désespoir, sera presque tenté d’ensavoir gré aux auteurs des destructions contempo-raines ; car il serait difficile de lire, pour un paysrenfermé dans de si étroites limites, un récit pluspittoresque, plus dramatique, plus noblement ani-mé par le patriotisme et par l’amour du beau danstous les genres. Ce n’est pas tant l’abondance quela qualité et le choix judicieux des détails qui