278 l’art chrétien.
ni la fécondité, mais la pureté angélique de son
imagination.
Or, par un concours de circonstances favorablesqu’il importe de ne pas perdre de vue, cette fa-culté devait trouver alors à Bergame un champplus libre et un aliment plus homogène que dansla plupart des grandes cités italiennes. Le patro-nage de l’art était exercé par une famille héroïqueet pieuse, sous les auspices de laquelle les travauxd’architecture, de sculpture et de peinture pre-naient un essor auquel les artistes indigènes nepouvaient plus suffire, tant l’enthousiasme reli-gieux des Bergamasques, redoublé par les calami-tés récentes, les rendait impatients et prodiguesdans leur dévotion envers Dieu et envers leursintercesseurs auprès de lui. Mais c’était surtout leculte de la Vierge qui se ressentait de cet élan gé-néral des cœurs, et la magnifique église de Sainte-Marie-Majeure recevait des embellissements pro-portionnés à la richesse des offrandes dont le tré-sor de la fabrique était, pour ainsi dire, surchargé.Aussi, quand la confrérie de la Miséricorde, dontla compétence s’étendait aux œuvres d’art quiavaient un but de propitiation, se réunit le22 juillet i 52 t, afin de délibérer sur ce qu’il yaurait à faire, pour donner au grand autel toutela décoration que comportait la majesté du lieu,prit-elle la résolution de n’épargner ni dépenses