ÉCOLE DE BERGAME. 267
tle Ihisbé Martinengo, sa femme, avait fini pareffacer toutes les autres influences, et il y eut unedernière phase qui offrit en lui le mélange del’homme de guerre, de l’homme de goût et dupénitent. La nature des infidélités sur lesquellesportait principalement son repentir, lui ayantdonné l’idée de faire venir de Sinigaglia des re-liques de Sainte-Marie-Madeleine, comme pouravoir plus présentes à l’esprit les paroles conso-lantes qui furent adressées à cette fameuse péche-resse, il lui fit bâtir un oratoire à son château deRumano, près de Bergame; et ce ne fut que lamoindre des fondations pieuses par lesquelles iltransforma cette résidence favorite en une espèced’Escurial où il partageait son temps entre lesexercices pieux et les exercices militaires, entouréde sa double milice de guerriers et de moines, sa»vieille et sa jeune garde, qui lui représentaient sessouvenirs et ses espérances.
Rumano, qui n’avait été qu’un simple châteaufort quand son ami Sforza lui en avait fait don,devint bientôt une petite ville élégante avec uneplace ornée de beaux édifices qui se prolongeaientjusqu’à la porte orientale, et parmi lesquels ondistinguait l’église bâtie par Coleone en l’honneurdu Prince des Apôtres. Dans les campagnes d’alen-tour, il faisait exécuter tous les travaux qui pou-vaient ajouter au bien-être des habitants ; le sol