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ÉCOLE DE EERGAME. 265
son biographe; mais, après la journée de laRicardina, il fut reconnu pour invincible. Lui-même fut plus joyeux de ce succès que d’aucunautre, à cause de la brillante valeur qu’y dé-ployèrent ses trois fils adoptifs, Gérard, Gaspardet Jacques Martinengo. Aussi lui étaient-ils dou-blement chers comme membres de sa famille etcomme ses compagnons d’armes ; car, à ses yeux,la paternité militaire n’était pas moins sacrée quela paternité naturelle, et son coeur adoptait quel-quefois plus vite que sa raison. Ne l’avait-on pasvu, le jour même de son mariage, prêter la dotqu’il venait de toucher, à trois officiers qui sedisaient pauvres et qui passèrent dès le lendemainà l’ennemi ?
Otium cum dignitate etpietate, telle parut êtrela devise de cet homme admirable pendant la der-nière période de sa vie qui en fut aussi la plus belle.Mais ce repos, que lui ménagea la reconnaissancedes Vénitiens, ne fut jamais que relatif, et il ensortait encore à soixante-dix ans pour défendreses amis ou ceux de la République (i). Lui aussipouvait dire qu’une âme guerrière est toujoursmaîtresse du corps qu’elle anime; et cela étaitd’autant plus vrai de la sienne que les progrès del’âge étaient neutralisés par les progrès de sa
(1) Ce fut à ce titre que le duc de Bourgogne réclama et obtintses services.