l’art chrétien.
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que (1), soit pour les églises, soit pour les parti-culiers , portent tous cette empreinte de naïvetéaffectueuse qui forme un des caractères distinctifsdes productions de Luini. Sous ce rapport, commesous celui de la perfection technique, rien nesaurait surpasser la petite Sainte-Famille de lagalerie du comte Lochis à Bergame et celle delord Ashburton à Londres, et tant d’autres quisont disséminées dans les collections publiqueset particulières (2). Quelquefois, sa naïveté de-vient pathétique, comme dans le grand tableaude Santa-Maria-della-Passione, et dans la fresqueplus admirable encore qu’on voit dans une cha-pelle latérale de l’église de San-Giorgio-in-Palazzo,et qui semble avoir été peinte sous l’influenced’un des plus précieux chefs-d’œuvre de Raphaël.Elle représente la scène douloureuse qui se passeautour du corps sanglant de Jésus-Christ quandil a été descendu de la croix, et l’on peut direque jamais artiste ne mit dans la représentationde ce sujet plus de sentiment et de mesure à lafois. C’est que nul n’a compris mieux que luinon-seulement le mystère de la Passion, mais les
(1) Luini n’a presque jamais mis de date à ses tableaux. De làl’extrême difficulté de leur assigner un ordre chronologique autre-ment que par conjecture.
(2) Le plus beau tableau de Luini qui soit en France se trouvechez M. Pourialès. Il vient de l’Escurial où il a toujours passépour un tableau de Léonard.