ANTONIO RAZZI.
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Ce n’était pas pour peindre des légendes desaints et des bannières de confrérie, que son nou-veau patron, le banquier Chigi, le faisait partirpour Rome. Celui-ci voulait, pour son palais dela Farnésine, des décorations qui fussent en har-monie avec son goût pour celles des traditionsclassiques qui prêtaient le plus à la licence du pin-ceau. Il lui fit donc peindre un épisode de la vied’Alexandre, et il ne choisit ni sa victoire sur Bu-céphale, ni sa victoire sur les Perses, ni sa vic-toire sur lui-même quand il eut en son pouvoir lafamille de Darius. Il aima mieux avoir sous lesyeux le vainqueur d’Arbèle entraîné, comme ledernier des hommes, par un instinct vulgaire etbrutal. Le choix de cet étrange sujet semblait au-torisé par l’exemple d’Aetion, peintre grec de ladécadence, qui, en le traitant, avait obéi à un pa-tron épris, comme Augustin Chigi, de ce genre demerveilles.
Il faut rendre justice à Razzi; cette peinture estune des plus mauvaises qu’il ait jamais faites, etcependant il était alors dans toute la force de sontalent; il égalait presque Raphaël pour le contourgracieux de ses figures, et il n’était pas plus in-sensible que lui à la beauté des chefs-d œuvred’art antique qu’on exhumait alors de toutes parts.Ce qui prouve qu’il aurait pu mieux réussir, c estle succès qu’il obtint auprès du pape Léon X par