228 l’art chrétien.
ondulations de son corps élancé, ressemble à unportrait qu’on retrouve dans d’autres composi-tions de Razzi. Celle dont je parle ici est certaine-ment un chef-d’œuvre; mais ce n est pas un chef-d’œuvre de peinture chrétienne, et la tolérancedu prieur envers son joyeux compatriote, qu’il ap-pelait un grand fou (mattaccio), prouve que l’es-prit du fondateur avait disparu de cette maison.
C’est entre son séjour à Monte-Oliveto et sondépart pour, Rome en i5o 7, qu’il faut placer lesbeaux ouvrages exécutés par Razzi dans la ville deSienne ; comme les fresques de la confrérie desainte Catherine, l’épiphanie dans l’église de saintAugustin, les quatre peintures pour la confrériede la mort, où l’on voit une "Vierge plus gracieuseque celles de Léonard, et le plus satisfaisant por-trait de saint Rernardin de Sienne ; le tableau del’autel du Saint-Sacrement dans l’église de Saint-Dominique, et par-dessus tout la bannière durosaire conservée dans la sacristie, et qui, pouravoir été, par sa destination même et par les exi-gences de la piété populaire, plus particulière-ment exposée aux injures de l'air, a beaucoupperdu du brillant de son coloris, sans que cetaffaiblissement ait nui à l’harmonie des tons ni àla grâce ineffable des petits anges couronnés ,groupés autour de leur Reine et l’inondant d’unepluie de fleurs.