34 l’art chrétien.
ceux de Bramante lui même. Cependant la villede Milan conserve encore de lui, outre la fresquedeBrera, deux peintures très-remarquables, dontl’une, située au-dessus de la porte de l’église duSaint-Sépulcre, a été si bien protégée contre lesinjures de l’air qu’elle est devenue complètementinaccessible aux regards des voyageurs. Il fautdonc pour juger ses compositions se contenterde quelques fragments épars et du tableau qu’onvoit au palais Borromeo, représentant le Christ encroix, avec deux portraits vigoureusement tou-chés, et qui signalent une grande puissance danscette branche de l’art. Quant au sujet principal,il est traité avec cette bizarrerie d’invention quiforme un des traits caractéristiques du talent deBramantino. Car à force de viser à l’originalité, ils’égarait quelquefois jusqu’au mauvais goût, touten donnant à ce genre d’égarements l’apparenced’intentions symboliques. Et cependant il avait,à l’exemple de son maître, étudié et même copiéles belles productions de l’art grec, et il avaitécrit sur les antiquités grecques et romaines unouvrage universellement admiré par ses contem-porains.