26 l’art chrétien.
C’était sur ce mélange de qualités héroïques et re-ligieuses qu’était fondée la rare sympathie quiexistait entre elle et son époux, et ce double ca-ractère se retrouve jusque dans l’influence qu’ilsexercèrent conjointement sur les arts, mais parti-culièrement sur la peinture à laquelle ils deman-dèrent successivement, suivant la convenance deslieux, des compositions héroïques et des compo-sitions religieuses. Les premières furent exécutéesdans le vieux palais de Milan, dans ce qu’on ap-pelait la salle des Barons armés , où les portraitsdes fameux capitaines, modèles ou rivaux de Fran-çois Sforza, avaient été tracés par les meilleurspeintres du temps. Les secondes furent princi-palement exécutées à Crémone, non-seulementà cause de la prédilection du duc pour cetteville, mais aussi parce que les artistes crémo-nais étaient les plus dignes. Là florissait alorsBonifaccio Bembo, qui paraît avoir été le peintrefavori de la duchesse Bianca ; ce fut lui qui, en1 468 (c’est-à-dire deux ans après la mort du duc),fut chargé par elle de perpétuer dans une cha-pelle de l’église des Augustins le souvenir d’uneunion où elle avait trouvé tant de bonheur ettant de gloire. Le tableau qu’il fit à cette occa-sion ne décore plus l’autel (i), mais les portraits
(1) Ce tableau est maintenant à Brescia dans le palais Averoldi.