18 l’art chrétien.
les anomalies qu’on y remarque portent sur desparties tellement fondamentales et sur des condi-tions esthétiques si essentielles dans l’architecturegothique, telle qu’elle était comprise et pratiquéedans le Nord, qu’il est impossible d’y reconnaîtrele produit libre et spontané du génie françaisou allemand. Évidemment, c’est ce génie qui aprédominé, mais en subissant les contradictionsdu génie national et les déviations imposées parlui, comme il arriva pour la construction du dômede Florence et de plusieurs autres. C’est donc àtort que le plan primitif de la cathédrale de Mi-lan a été exclusivement attribué par les uns, àNicolas Bonaventure, de Paris; par les autres, etsurtout par les Milanais, à leur compatriote Marcode Campione (i); cependant, s’il fallait absolu-
( 1 ). Campione est un village entre Côme et Lugano. Giulini al'ail un long plaidoyer en faveur de cet architecte, t. II, pp. 427,1187, 598; i^admet cependant la priorilé en faveur de l’architecteparisien, qui fut appelé dès 1388, mais qui ayant été congédiébientôt après (en juillet 1391) ne dut pas avoir, selon lui, letemps de mettre on train une œuvre si colossale. Parmi les col-lègues qui lui furent adjoints, on trouve un Giovannino di Grassi,un Jean Annex de Fernach, de Fribourg, appelé Magister de la-pidibus viois; un Henri Zamodia, aussi Allemand ; un Bernard, de\enise;un Pierre, de Crémone. Plus tard, on voit figurer unGabriel Scornaloco, de Plaisance ; un Jean, de Florence ; un Jean,de Fe.rrare; un llricb, d’Ulm. Dans les dernières années du xiv esiècle, il n’y a plus d’aulres é:rangers que des Français : PierreLoezar, Jean Campamios, de Normandie; Jean Mignot, de Paris.Au xv' siècle, il n y en a plus du tout jusqu'à l’année 1483 qu’on