16 l’art chrétien.
lie. Peu s’eu fallut que son génie, secondé par l’é-lan et l’intelligence de ses sujets, ne fît de Milanla glorieuse capitale du plus beau et du plus richeroyaume qui fût alors en Europe, un royaumedans lequel se trouvaient enclavées les républi-ques de Pise, de Bologne, de Sienne, de Pérouse,et dans lequel, après sa grande victoire de Casa-lecchio, en i/joa, il comptait encore enclaver Flo-rence, où il méditait une entrée triomphale et soncouronnement comme roi, quand sa mort pres-que subite fit écrouler tout à coup ce bel édi-fice.
Mais la grandeur ambitieuse des vues, dans lechef et dans le peuple, n’avait pas seulement pro-duit des conquêtes éphémères. Au plus fort desprospérités de ce règne, quand chacun avait uneconscience très-distincte de la part qui lui en re-venait, l’essor imprimé aux imaginations s’étaitaussi fait sentir dans le domaine des arts, et de ceconcours de circonstances heureuses sortirent desmonuments trop magnifiques peut-être, à causede leur disproportion avec les destinées ultérieu-res du pays, mais du moins qui restèrent tou-jours, par leur destination, en harmonie avecle caractère profondément religieux du peuplemilanais. On voit que je veux surtout parler decette fameuse cathédrale, qui est considérée, à justetitre, comme une des merveilles du monde chré-