538
l’art chrétien.
qu’à celle de Pérugin, qu’il avait appris à faire unepart si large à la plume et au crayon, avant d’envenir à l’opération définitive du pinceau, espèce de' gymnastique à la fois mécanique et intellectuelle,dans laquelle se signalèrent plus particulièrementFra Bartolommeo, Raphaël et Léonard de Vinci.Ces trois peintres sont en effet ceux qui nous ontlaissé le plus d’esquisses et de dessins originaux,dignes d’ëlre appelés des oeuvres d’art; et ce n’estpas celui dont nous traçons ici l’histoire, qwi est lemoins riche en productions de ce genre. Quand ona vu les fruits, si variés et si soignés, de ces étudespréliminaires, dans les collections de Florence, deParis, de Vienne et de Londres, on est émerveillé decette profusion de pensées, auxquelles ne manquejamais l’expression correcte, souvent relevée par unecertaine verve de poésie. Il y a même des composi-tions supérieures aux tableaux dont elles étaient lepremier germe, soit que le coloris à l’huile fût pourla pensée un vêtement trop opaque, soit que l’ins-piration se fût refroidie dans le passage du papier àla toile.
Une autre ressemblance entre lui et Raphaël, c’estl’habitude qu’ils eurent l’un et l’autre de faire ache-ver un grand nombre de leurs tableaux par des col-laborateurs ou par des élèves plus ou moins dignes.Il en est résulté souvent des inégalités ou des dispa-rates qui ont troublé les jouissances de leurs admi-rateurs, surtout celles des admirateurs de Raphaël,qui ne sut pas assez protéger ses œuvres contre la