naies. Magnus infernus extilit nobis ilia dies (i).
Toutes ces concessions, faites avec dignité à descirconstances impérieuses, n’empêchaient pas lafidélité de la plupart des moines au culte de Savona-role, pas plus qu’elles n’empêchaient Fra Bartoiom-meo de placer son image dans une des chapellesdu cloître, avec la blessure sanglante à laquelle onreconnaît saint Pierre martyr ( 2 ). Ce n’était pasassez pour lui d’honorer ainsi la mémoire de sonmaître; il l’associait à ses récréations musicales, ens’appropriant, par l’identité de sentiments, celles deses compositions poétiques qui étaient le plus pro-pres à élever vers la source du bien et du beau, sonâme quelquefois affaissée par les langueurs terres-tres. On comprend sans peine de quelles délicieusesémotions cette association devait être la source , eton le comprend encore mieux, quand on lit, surune des feuilles où il esquissait ses études prélimi-naires, les sublimes paroles qu’il accompagnait deson chant (3).
D’autres fois, il associait le même souvenir à sestravaux d’artiste, en exerçant son pinceau sur un
(1) P. Marchese, vol. I, pag, 120.
(2) Ce portrait, si remarquable par la douce expression du regard,est maintenant à l’Académie des Beaux-Arts.
(3) Voici la première stance d'un de ces poèmes vraimentmystiques :
Tutto se ’ dolce Iddio, Signore elerno,
Lume e confortu e vita del mio core,
Quando ben mi faecosto, allor discerno,
Che l’allegrezza è senza tedolore :