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l’art chrétien.
non usurpée, rend encore plus odieux l’acte de con-fiscation mal déguisée, par lequel Léopold le fitpasser, de la chapelle du noviciat, dans la galerieimpériale de Vienne, où il se trouve encore aujour-d’hui.
Assurément cette composition n’est pas irrépro-chable, et elle l’est d’autant moins que la figurecentrale, celle du grand-prêtre, qui joue ici le prin-cipal rôle, n’a rien d’imposant, ni dans les traitsni dans l’attitude; mais il y a, dans sa physionomieet dans son mouvement, une sorte de reflet de cettetendresse respectueuse qui est si délicatement expri-mée dans le regard et surtout dans le geste de laVierge, dont le type est toujours le même, sauf lesmodifications de détail, que l’artiste a très-habile-ment nuancées, suivant les exigences de son sujet.Ce qui domine, dans ce dialogue muet, c’est lesentiment, et, sous ce rapport, on imaginerait diffi-cilement quelque chose de plus exquis. Les dra-peries sont du meilleur goût, et, s’il fallait désigner,par conjecture, entre les maîtres ou modèles suc-cessifs de Fra Bartolommeo, celui dont il s’est ins-tinctivement inspiré, en peignant l’Enfant-Jésus, onnommerait sans hésitation Raphaël, non-seulementà cause de la suavité de l’expression et de la puretédes lignes, mais aussi à cause d’un je ne sais quoide divin qui rappelle plus particulièrement les créa-tions mystiques de l’école Ombrienne. Quant à lafigure si noble, si bien posée et si bien drapée desaint Joseph, c’est du naturalisme tout pur, mais