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l’art chrétien.
car ici l’on trouve une innovation qui semble avoirété empruntée aux artistes ultramontains, c’est lesoin minutieux avec lequel sont traitées les figurinesdu second plan et la perspective des paysages, très-habilement accidentés. U y a dans la distribution etla combinaison de toutes ces beautés, dans l’agen-cement des divers groupes et dans la manière dontils sont éclairés, un goût véritablement exquis , etles petites figures d’anges, avec leurs formes si aé-riennes et la lumière vaporeuse où elles semblentse mouvoir, font presque regretter qu’on ait jamaiseu l’idée d’agrandir leurs dimensions. Dès la pre-mière page de ce missel, on trouve tous ces genresde mérite réunis dans une grande miniature quireprésente l’Annonciation.
On peut appliquer le même éloge, avec très-peude restrictions, à celle où est représentée la Des-cente de croix, et dans laquelle les détails acces-soires sont presque traités avec plus d’amour quele sujet principal. Il y a deux compositions, d’unstyle plus sobre et plus large, qui sont d’un carac-tère plus grandiose, c’est la Vocation de saint Andréet la Mort de saint Égidius, qui rappelle celle desaint Benoît dans la sacristie de San-Miniato inMonte, et qui la rappelle non-seulement par l’or-donnance et par l’intensité du sentiment, mais aussipar l’harmonie répandue sur tout l’ensemble. Celteharmonie se fait sentir dans les moindres produc-tions de ces deux artistes. Peut-être, sous ce rap-port, faudrait-il faire une part plus large à Gherardo,