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l’art chrétien.
lui-même, dont les relations intimes avec Léonardont été, non pas racontées, mais chantées par unpoète contemporain ; et ce poète, qu’inspiraient àla Ibis l’admiration et la reconnaissance, était ceGiovanni Santi, dont nous avons déjà parlé. Pourcompléter ce groupe qui forme, pour ainsi dire, lasommité hiérarchique du coitége de Savonarole, ilfaut joindre à ces quatre noms celui de Baccio déliaPorta qui, en voyant évanouies à jamais, par lesupplice de son héros, les espérances qu’il avaitfondées sur ses prédications, ne crut plus à l’ave-nir de l'art ni à celui de la patrie, et chercha dansl’idéal ascétique, sous le nom de fra Bartolomeo,le genre de consolation le plus approprié à sa dou-leur.
Les peintres dont le pinceau était renfermé dansl’humble sphère de la miniature, ne se montrèrentni moins enthousiastes ni moins dévoués. En ce quiconcerne ceux du couvent de Sainte- Marie-des-An-ges, on peut facilement suppléer, par des conjectu-res, au silence de Yasari ; mais on y supplée par desfaits positifs, en ce qui concerne Monte di Giovanni,le plus grand miniaturiste de l’école Florentine,dans tout le cours du xv e siècle. Quant à ceux quitravaillaient pour le couvent de Saint-Marc, et surlesquels rayonnait, sans intermittence, le charbondes lèvres du prophète, l’enthousiasme pour ce der-nier absorbait en eux l’enthousiasme de l’art, et illeur arriva trop souvent d’avoir a se défendre con-tre les agitations et les terreurs qui leur venaient