ÉCOLE MYSTIQUE.
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se détachent, sur un riant paysage, de ravissan-tes figures de femmes et d’enfants ; le groupe desdanseuses autour du veau d’or, quand Moïse briseles tables de la loi , et le groupe, encore plusbeau, formé par la famille de Lotli, dans le com-partiment où est représentée la destruction deSodome, avec une verve qui a pu être égalée parLuca Signorelli, mais qui n’a jamais été surpasséeque par Michel-Ange.
Cette scène est, en effet, l’une des plus terri-bles qu’ait jamais conçues l’imagination d’aucunartiste, et ceux qui connaissaient les ouvrages an-térieurs de Benozzo Gozzoli, ne s’attendaient cer-tainement pas à lui voir produire ce chef-d’œu-vre; et cependant, c’est là qu’il a le mieux montrétoute la puissance de son génie, parce que c’est làqu’il a eu le plus de difficultés à vaincre; maisavec quel bonheur il les a surmontées toutes! Pourfigurer le feu du ciel tombant sur la cité maudite,il a fait planer dans les airs des anges exécuteursde la malédiction, qui, lançant l’incendie de leursmains et l’attisant de leur souffle, font pleuvoirsur hommes et femmes, jeunes et vieux, confondusen un même groupe, les tourbillons de flammeset les débris fumants ou calcinés des édifices quis’écroulent, tandis que des figures nues, admira-blement dessinées, et qui ne sont point là par os-tentation anatomique, se précipitent des fenêtres etdes combles, ou roulent sur des poutres embrasées,pour échapper à la mort plus affreuse qui les at-