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l’art chrétien.
cun travail important à Florence, de 1461 à i 465 ,époque de son établissement à San Gimignano, oùun savant docteur, qui avait étudié à Paris et à Ox-ford, le fit venir pour peindre, dans le chœur del’église collégiale, les principaux traits de la vie desaint Augustin, à qui elle était consacrée. Le sujetétait riche, sans entraves traditionnelles et pleind’épisodes attrayants pour un génie mystique. Deplus l’artiste était dans toute la vigueur de l’âge etdu talent, et sans doute au comble de la félicité do-mestique. Tous ces avantages ne i’empèchèrent pasde faire une œuvre inférieure à sa grande fresque deFlorence et même à celle de Montefalco. Le carac-tère de saint Augustin demandait que la force l’em-portât sur la suavité ; or, c’est précisément le con-traire qui se trouve dans cette, histoire tracée parun peintre dans l’âme duquel les leçons de FraAn-gelico avaient jeté de profondes racines. Il y anéanmoins des compartiments tout à fait dignes dudisciple d’un tel maître; il y en a même un, repré-sentant saint Augustin prêchant, qui est une rémi-niscence manifeste, mais non servile, d’une com-position analogue dans la chapelle de Nicolas Y, auVatican. La scène, où il est représenté bénissant sesouailles, comme évêque d’Hippone, ne laisse rien àdésirer, soit pour le sentiment, soit pour la gran-deur ; et la représentation de la mort de sainte Mo-nique est faite pour émouvoir vivement le specta-teur , tout en ne remplissant pas complètementl’attente de ceux qui savent comment le même ar-